mission impossible ?
Alain Duclos, TRANSMONTAGNE
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Abstract
Avalanche prediction for snow slabs : impossible mission ?
A several-year study based on observations carried out both on the field and inside the laboratory has enabled us to describe accurately slab avalanches triggered by passing skiers or pedestrians, within a limited area. Simultaneously, some systematic measurements have permitted to describe the weather conditions.
The study of slabs themselves on the one hand and of the weak layers on the other, has shown that quite varied situations are likely to produce slab avalanches (whether from the point of view of grain types or from physical properties of the snow itself). Nonetheless, some major elements have emerged : they concern the important amount of fresh snow along slabs (up to 70 % of precipitation particles and partly decomposed precipitation particles), the peculiar capacity of layer of depth hoar crystals to release both thick slabs and slabs of various texture, and the capacity of fresh snow to build up weak layers.
That set of observations has led us to consider that, on the field, a precise analysis of the snow-pack is not sufficient to establish a diagnostic of its stability. It seems that much significant information is derived from an investigation into the " age " of the last snow-fall or snow-drift.
We believe that our aptitude to predict avalanche hazards is quite different whether the slope concerned as been studied before (special instrumentation and knowledge) or not (back country).
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Comment continuer à pratiquer le hors-piste ou le ski de randonnée sans pour autant accepter une prise de risque incontrôlée ?
Une expérience de plusieurs saisons dans un service de pistes ainsi quune fréquentation assidue de la haute montagne mavaient montré que ni les enseignements dispensés à propos des avalanches, ni les intuitions des professionnels de la neige, nétaient suffisants pour évaluer correctement ce risque.
A partir de ce constat, un programme de recherche a été établi pour progresser dans laptitude à prévoir les avalanches de plaques. Quatre étapes ont été définies : observer scrupuleusement un site avalancheux, compléter les observations de terrain par des analyses en laboratoire, rassembler lensemble des informations collectées dans une base de données, puis exploiter ces dernières pour en extraire des résultats tangibles.
A lissue de plusieurs années, et malgré une approche scientifique rigoureuse, les résultats obtenus sont relativement maigres : des réponses aux questions formulées au début de létude ont été trouvées, mais elles ne suffisent pas à prévoir la stabilité dune pente. Sil est relativement aisé de reconnaître les situations pour lesquelles des avalanches sont possibles, nous ne sommes pas encore capables de produire un diagnostic de stabilité sûr pour une pente quelconque.
Après avoir exposé nos résultats sur les aspects nivologiques concernant les avalanches de plaques, nous évoquerons les conditions météorologiques qui semblent nécessaires aux avalanches. Enfin, nous proposons une stratégie destinée à aider le montagnard dans la prise de décision pour engager une sortie, la poursuivre, la stopper.
Rappel du contexte de létude
Une étude préliminaire fut menée pendant lhiver 1992-1993 sur le domaine skiable de Valfréjus avec la participation de TRANSMONTAGNE, de lANENA et du CEMAGREF. Ayant permis de mettre en évidence plusieurs zones dombres subsistant dans la connaissance du phénomène avalancheux, elle fut suivie entre 1994 et 1998 par une étude plus complète. Celle-ci a également eu pour siège une partie du domaine skiable de Valfréjus, et a bénéficié de laide de TRANSMONTAGNE, de lANENA, de lIFENA et du CEN.
Toutes les avalanches se produisant sur la zone choisie ont été recensées, et celles déclenchées accidentellement ont fait lobjet dobservations particulières. Dans cette zone, une pente reconnue pour sa sensibilité à lactivité avalancheuse a été sélectionnée afin deffectuer des séries quotidiennes de mesures et de prélèvements de neige. Une base de données relationnelle a été conçue selon la méthode MERISE pour répondre aux besoin de létude (saisie et exploitation de données nombreuses et variées) ; elle comprend notamment les informations associées à 295 avalanches, 638 strates et 436 prélèvements de neige. Tous les prélèvements ont été étudiés en laboratoire pour une analyse experte de la forme des grains.
Les premières questions posées concernaient la constitution des plaques proprement dites et des couches où se produit le cisaillement (sous la plaque) (Figure 1). Les résultats présentés sont issus de létude de 22 plaques sur les 295 avalanches enregistrées : une sélection sévère a été opérée pour ne retenir que les plaques déclenchées accidentellement par passage de skieur(s) ou de piéton, et ayant fait lobjet dobservations complètes et précises exactement au niveau de la cassure. Cette sélection garantit la signification des mesures, mais doit conduire à relativiser la portée des résultats à cause du faible nombre de cas considérés.
Constitution des plaques
Du point de vue de la forme des grains, le premier constat concerne la diversité des formes observées (Figure 2). La neige récente constitue la majeure partie du volume de neige impliqué (67%), suivie par la neige constituée principalement de grains fins (29%) et enfin celle constituée principalement de grains à faces planes (4%). Une seule fine couche de grains ronds a été observée (elle napparaît pas sur la figure).
Un retour aux données initiales pour un examen au cas par cas suscite plusieurs remarques :
On note labsence de couches de gobelets ou de particules reconnaissables nettement affectées par une métamorphose de gradient fort ou moyen dans les plaques observées.
Une influence possible de détails morphologiques : la forme des cristaux de neige fraîche et le degré de givrage des particules.
Ayant remarqué la présence fréquente de givrage sur les particules de neige récente observées dans les plaques, nous avons souhaité évaluer la possibilité dune relation entre le degré de givrage des cristaux et laptitude dune couche à constituer une plaque.
Pour cela, nous avons comparé la population des strates observées dans des pentes dinclinaison supérieure ou égale à 22° (inclinaison au-dessus de laquelle des déclenchements de plaques ont été observés), avec celle des strates observées dans les plaques (Tableau Erreur! Document principal seulement.). Les résultats montrent que, si le phénomène de givrage concerne 66% de la neige récente observée dans les plaques, elle concerne aussi 60% de la neige récente observée dans des strates quelconques. La similitude, en ordre de grandeur, de ces deux valeurs, incite à croire que le givrage des cristaux est un phénomène courant, qui na pas de répercussions sur la stabilité de la couche ainsi formée.
Une même démarche nous a conduit à supposer que les cristaux de neige fraîche non dendritiques (colonnes ou boutons de manchettes par exemple) ont une meilleure aptitude à former des plaques que les cristaux de neige en étoiles.
Ces remarques ne sont citées quà titre indicatif ; elles demandent à être précisées par des observations complémentaires.
Du point de leurs caractéristiques physiques, les couches de neige observées dans les plaques montrent aussi une grande diversité. En considérant toutes les couches appartenant aux 22 plaques retenues, on réalise quenviron la moitié du volume de neige mobilisé peut être qualifié de tendre (résistance au cisaillement inférieure à 1.7 kgf/dm2) et de léger (masse volumique inférieure à 176 kg/m3).
Ce constat, associé à celui de la diversité des formes de grains et de cristaux, pose le problème de la possibilité didentifier les plaques : est-il possible, sur le terrain, daffirmer que telle couche de neige constitue une plaque instable ? Dans létat actuel des connaissances et des techniques dobservation, la réponse est " non ".
Les deux graphiques représentés sur la Figure 3 permettent dargumenter cette réponse. Afin de comparer les valeurs de masse volumique et de résistance au cisaillement relevées dans des plaques, avec celles relevées dans une population de strates plus large, nous avons pris en compte lensemble des strates observées, dans le cadre de létude, sur des pentes dinclinaison supérieure ou égale à 22° (minimum à partir duquel des avalanches ont été observées). Pour les deux paramètres retenus, les valeurs mesurées dans les plaques couvrent presque toute létendue des valeurs mesurées dans les pentes. Dans une majorité de cas, la distinction entre des couches formant des plaques et des couches inoffensives ne semble donc pas possible au vu de leurs seules caractéristiques physiques.
De plus, une des grandes difficultés posées par létude des plaques est induite par lhétérogénéité de leur constitution. Si, par exemple, une plaque est constituée de 25 cm de neige légère surmontant 10 cm de neige plus lourde, il na pas été possible de différencier les rôles respectifs joués par chacune de ces deux couches. Pour rechercher des indices, nous avons distingué trois types de plaques en fonction de la distribution verticales des masses volumiques des couches qui les constituent :
En regardant les fréquences de chaque type, il semble que les situations pour lesquelles les couches ont des masses volumiques croissantes du haut vers le bas soient les plus favorables à la formation de plaques instables (Figure 4). Pourtant, cette tendance ne pourra pas être considérée comme une règle. En effet, il est possibles que ces situations soient de toute façon les plus fréquentes quelle que soit la stabilité du manteau neigeux (sauf métamorphose de gradient moyen ou fort, les couches profondes se tassent). Des plaques ont aussi été observées avec une situation inverse. De ce côté non plus, donc, aucune information décisive.
Constitution des couches sous les plaques
Lexamen des formes de grains impliquées dans les couches où sest produite une rupture par cisaillement montre une nette dominance des gobelets (40% des couches concernées), suivis des particules reconnaissables (20% des couches concernées) et des grains à faces planes (20% des couches concernées).
Un regroupement des formes en fonction de leur degré dévolution et de leur type de métamorphose montre limportance des grains anguleux dune part (60% des couches), et de la neige récente dautre part (32% des couches) (Figure 5).
Un retour aux données initiales montre que les deux couches décrites comme étant composées principalement de grains fins comprennent aussi des grains à faces planes pour lune, et des particules reconnaissables pour lautre. Etant donné le mode de prélèvement des échantillons de neige, et la finesse potentielle des couches où se produit le cisaillement, il est possible que les grains fins considérés comme dominants appartiennent en fait aux couches adjacentes à celle où sest produit le cisaillements (couches " base " ou couches " mouvement "). Cest pourquoi nous navons pas tenu compte de ces couches dans la suite de létude.
Si le rôle des grains anguleux dans le déterminisme de linstabilité a déjà été souligné par plusieurs auteurs (travaux sur les " couches fragiles "), il reste important de souligner au moins deux points :
Lobservation (ou la prévision) de couches de grains anguleux enfouis doit donc conduire à se méfier, mais leur absence ne doit pas être considérée comme un gage de sécurité.
Particularités des gobelets
En regroupant les plaques retenues en fonction de la constitution des couches où sest produit le cisaillement, une propriété particulière des couches de gobelets apparaît (Figure 6) :
Ces observations confirment que les couches de gobelets peuvent rester efficace longtemps après avoir été formées et enfouies. Leur observation (ou leur prévision) peut donc difficilement être ignorée lors de létablissement dun diagnostic de stabilité.
Quels sont les points communs à toutes les situations avalancheuses observées ?
Dans 20 cas sur 23 (Figure ) , au moins une des couches mobilisée est constituée principalement de neige récente. Pour lun des trois cas restants, la rupture par cisaillement sest produite dans de la neige récente. Ceci indique de façon certaine que dans 21 cas sur 23, les événements se sont produits relativement peu de temps après une chute de neige.
Seules deux avalanches se sont produites alors quaucune couche na été décrite comme comprenant de la neige récente en majorité :
Quelques idées... à nuancer... à confirmer.
Il semble que la stabilisation après le dépôt de neige nouvelle soit lente en début de saison (jusquà une dizaine de jours en janvier). Le délai nécessaire serait plus court ensuite (de lordre de 3 ou 4 jours en mars).
Il semble que lorsque lépaisseur de neige dépasse une cinquantaine de centimètres, la probabilité de déclenchement accidentel diminue. Il ne faut pas négliger le fait que, dans le même temps, la probabilité de départ spontané augmente. Rappelons aussi que, lépaisseur de neige nouvelle pouvant être variable, le passage dun skieur là où lépaisseur natteint que 30 cm peut provoquer le départ dune plaque dont lépaisseur maximum dépasse 150 cm.
Les conditions nivologiques considérées comme nécessaires sont-elles suffisantes ?
Lorsque lon examine les plaques sélectionnées, il semble quun certain nombre de conditions nivologiques sont nécessaires pour quun déclenchement se produise. Pour les tester, nous avons retenu les critères se rapportant au type de grains (neige fraîche à lexception des couches comprenant surtout des étoiles, ou particules reconnaissables), à lépaisseur de neige nouvelle (plus de 9 cm au cours des 5 journées précédentes) et à la masse volumique (plus de 75 kg/m3). Sur cette base, nous avons recherché toutes les situations satisfaisant ces critères sur la pente-test fréquentée quotidiennement (Figure 7).
Selon ces critères, au cours des campagnes de mesures 1994-1995 et 1995-1996, 44 journées ont été considérées comme susceptibles de produire des avalanches de plaques déclenchées accidentellement. Au cours de cette période, 8 avalanches seulement ont été déclenchées. 7 dentre elles se sont produites lors dune des 44 journées sélectionnées. Lune delles sest produite en dehors : le 15 décembre 1995 (cette journée navait pas été sélectionnée à cause de la localisation des mesures).
La rectification sur le nombre de journée sensibles ayant été opérée, on peut considérer que, 8 fois sur 45 seulement (» 18%), les conditions nécessaires et les conditions suffisantes ont été réunies pour permettre le déclenchement accidentel.
Labsence davalanches pendant les périodes du 17 au 27 février 1995 et du 23 au 27 décembre 1995 est particulièrement étonnante.
Le critère concernant lexistence dune couche sensible au cisaillement est délicat à prendre en compte, car lévolution des couches enfouies na pas été suivie avec la même précision que celle des couches de surface. Néanmoins, un aperçu est livré par les profils stratigraphiques réalisés sur la pente-test. Ils montrent que ce nest pas labsence de couche fragile typique enfouie (gobelets peu résistants) qui a donné lieu à la stabilité inattendue constatée pendant deux périodes correspondant à des cumuls de neige importants :
A cet égard, il faut noter que les 20 profils stratigraphiques réalisés sur la pente-test au cours des deux saisons dobservations indiquent tous la présence dune ou de plusieurs couches enfouies comprenant des gobelets. Ceux-ci sont parfois mélangés à des grains à faces planes. Une fois seulement, la seule couche de gobelets présente comprenait aussi des grains ronds (le 25 avril 1996). Ce constat illustre un état de fait qui doit être clair : une ou plusieurs couches fragiles persistent dans le manteau neigeux de plupart des pentes ombragées pendant tout lhiver, sans pour autant que celles-ci soient systématiquement instables.
Les périodes durant lesquelles des avalanches sont " possibles "
Jusqu'à présent, nous avons recherché les conditions de départ davalanches de plaques à partir de létude des conditions nivologiques sur un site instrumenté à cet effet.
Pour vérifier linfluence des conditions météorologiques sur lactivité avalancheuse, nous avons considéré lensemble des événements sétant produits sur le domaine skiable étudié au cours de deux saisons. Sur les 73 journées avalancheuses recensées (quelle que soit lorigine des avalanches), 68 sont documentées correctement en ce qui concerne les précipitations et les températures ; 25 dentre elles seulement sont documentées de façon complète en ce qui concerne aussi le transport de neige par le vent. Lorsque lon étudie ces 25 cas, trois points se dégagent clairement :
- la presque totalité des avalanches se produisent lorsque des précipitations ont eu lieu au cours de 72 heures précédentes,
- lorsque les précipitations ont été faibles (inférieures à 10 mm), et que les températures diurnes sont restées fraîches, un transport de neige par le vent sest produit,
- lorsque les précipitations ont été très faibles (inférieures à 5 mm), et que le transport de neige par le vent a été faible ou nul, les températures maximales diurnes ont été particulièrement élevées (supérieures ou égales à 4°C).
Ces observations montrent que, pour la population étudiée, la prise en compte de la température maximale sous abri, des précipitations sur les 72 heures précédentes, et du transport de neige par le vent, aurait pu permettre de prévoir la totalité des journées au cours desquelles au moins une avalanche sest produite.
Deux stratégies distinctes en fonction de la possibilité de connaître une pente
A lissue des résultats présentés, il semble relativement aisé de prévoir les périodes durant lesquelles des avalanches sont possibles, sans préjuger ni de leur localisation précise, ni de létendue des écoulements. En revanche, nous ne sommes pas encore capables, pour ces périodes, dindiquer si des avalanches vont effectivement se produire (nous avons observé plusieurs périodes au cours desquelles des quantités importantes de neige nouvelle se sont déposés, sans quaucune plaque ne soit déclenchée malgré la présence de couches fragiles enfouies).
Plusieurs causes peuvent expliquer cette stabilité inattendue. Nous pensons par exemple que les éventuelles avalanches qui se sont produites depuis la début de la saison influencent la réaction dune pente (en dehors de la réduction de charge induite par lablation de neige consécutive à chaque avalanche).
Pour produire un diagnostic précis de stabilité sur une pente donnée, il est donc indispensable que cette pente soit surveillée. Lobservation des avalanches étant souvent gênée par les mauvaises conditions météorologiques, la détection automatique des avalanches apporterait une aide appréciable. Cette approche est envisageable dans le cadre de la protection douvrages ; elle ne lest pas en ce qui concerne la sécurité des randonneurs et les adeptes du hors-piste.
Stratégie pour la progression sur une pente quelconque
Lestimation de la stabilité dune pente nayant pas fait lobjet dun apprentissage particulier reste un exercice délicat. La réalisation dun profil stratigraphique ne peut pas être suffisante : les variations dépaisseur de neige dans une zone de départ davalanches sont telles que les données relevées à tel endroit ne sont pas extrapolables. De plus, le mécanisme de déclenchement des plaques nest pas suffisamment bien connu pour que lon puisse établir une relation entre la constitution dun manteau neigeux et sa stabilité.
Le montagnard se trouve donc dans lobligation de fonder son jugement sur des suppositions issues de prévisions, dobservations, et de règles simples (Figure ).
La stratégie proposée comprend deux phases. La première (formulation dhypothèses) fait appel à lexpérience, aux connaissances théoriques et aux observations du montagnard. Elle donnera lieu à un pronostic qui pourrait être formulé comme ceci : " je pense quil y a environ 20 cm de neige nouvelle issue des précipitations dhier, uniformément répartie au-dessus de 2300 m, et reposant directement sur la couche de gobelets de début de saison ".
La seconde phase est encore plus importante que la première : cest la vérification de la concordance entre les hypothèses sur la neige... et la réalité : " y-a-t-il effectivement 20 cm de neige nouvelle etc. ? ".
Simultanément à cette vérification, la stabilité doit être évaluée indépendamment de la situation nivologique. En effet, il est possible que la situation nivologique ne soit pas particulièrement alarmante (" il y a 20 cm etc. "), mais que des départs de plaques soient observés. Il est aussi possible que la situation nivologique soit alarmante (" il y a en fait des accumulations atteignant 100 cm sous les crêtes etc. "), mais que les test et autres observations indiquent une situation suffisamment stable pour la course envisagée.
Conclusion
Ce texte a présenté un aperçu rapide des travaux menés pour mieux comprendre les avalanches de plaques, et des conclusions auxquelles je suis parvenu. Il semble que, même si des progrès ont été réalisés dans la connaissance de la neige, leurs applications pour la prévision des avalanches restent rares.
Des écueils importants ont limité la portée de nos recherches basées sur lobservation. Ce sont principalement la variabilité spatiale des phénomènes, aussi bien nivologiques que météorologiques, et les obstacles rencontrés pour obtenir linformation (difficultés daccès, défaillances de linstrumentation, etc.). Cest pourquoi le nombre de cas sur lesquels sont fondées nos remarques est toujours trop réduit. Les résultats obtenus sont toutefois cohérents, le plus souvent, avec les intuitions dhommes de terrain.
La notion de " neige nouvelle " constitue une direction de recherche que nous allons continuer à explorer. Combien de temps reste-t-elle instable ? Comment prendre en compte son épaisseur ou ses variations dépaisseur ? Les conditions de formation des couches fragiles doivent aussi être précisées.
Un certain nombre de questions trouveront une réponse dans la poursuite des observations de terrain. Par ailleurs, nous comptons sur les résultats de travaux de modélisation entrepris dans le cadre dune collaboration entre TRANSMONTAGNE la division ETNA du CEMAGREF.